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Migros Valais laisse les clés d’un de ses magasins à 24 jeunes en formation de tout le canton.

Les clients fidèles de la Migros de l’avenue Ritz au nord de Sion auront certainement été surpris. Depuis le début de la semaine, le personnel a considérablement augmenté. Et rajeuni aussi, puisque le magasin est entièrement géré par des apprentis de deuxième et troisième années venus des quatre coins de la partie francophone du canton. Pendant trois semaines, la filiale valaisanne du géant orange a confié les clés à ces jeunes en formation. Des apprentis qui ont été sélectionnés après leur postulation à cette expérience, la deuxième réalisée à cette échelle par le commerçant de détail en Valais. «C’est une belle occasion», relate Ahmet, adjoint de la gérante pendant ces semaines.

Formation express

Les deux premiers jours ont été consacrés à une formation accélérée donnée par le gérant usuel des lieux, Jacky Follonier, et son équipe. «C’est en pratiquant qu’ils se forment. Après leur avoir expliqué les éléments essentiels et nos habitudes, nous les laissons désormais s’organiser seuls», relate le gérant. Gestion des stocks, étiquetages en rayons, mise en place des produits ou encore trésorerie, les apprentis ont tout en main. «Même si parfois on aimerait leur dire quelque chose par rapport à une décision, ils ont le droit de se tromper et d’analyser où ils ont fait une erreur.» Les gérants gardent néanmoins un œil avisé sur la gestion de la trésorerie.

Pour l’heure, pas de mauvaise surprise, hormis quelques commandes peu adaptées à la taille du magasin. «Mais rien de grave puisque nous pouvons transférer ces produits dans nos autres points de vente dans la région.»

Perspectives d’avenir

Apprenti gestionnaire du commerce de détail de deuxième année à Collombey, Ahmet prend son rôle éphémère très à cœur, même s’il admet que la situation est un peu stressante. «J’espère pouvoir développer de nouvelles compétences. Ça me plairait un jour de gérer un magasin.»

Même espoir du côté de Suzana, apprentie sierroise qui espère que la Migros verra son envie pour la suite. «C’est une bonne expérience pour mon avenir et j’espère qu’ils me garderont après mon apprentissage.» Les jeunes s’activent dans tous les rayons du petit magasin. Une cliente qui vient occasionnellement dans les locaux sédunois reconnaît «une démarche très intéressante parce qu’elle donne des responsabilités à ces jeunes».

Ces responsabilités permettent à quelques participants de faire le point. «A la fin, je saurai où j’en suis de mes connaissances. Ça me prouve que je peux changer d’environnement et m’adapter à de nouvelles situations», analyse Aurélie, apprentie de Verbier. Pour Filipe, en formation à Martigny, son rôle de responsable des fruits et légumes «montre qu’il faut s’intéresser au travail de nos chefs et des autres employés». Il y a deux ans, une même initiative a permis de révéler plusieurs jeunes qui ont aujourd’hui des postes à responsabilités dans différents commerces du canton.

«70% des gérants de supermarchés ont été formés dans notre entreprise. Cela nous permet aussi de voir qui se sent à l’aise dans certaines fonctions», conclut Frédéric Favre, responsable des ressources humaines pour Migros Valais. Les clés d’un magasin ont aussi été données à Naters et l’expérience prend fin le 4 février prochain.

8500 jeunes en formation duale en Valais

Le Service de la formation professionnelle de l’Etat salue l’initiative de la Migros et cette mise en avant des apprentis. Impossible de dire pourtant si d’autres employeurs effectuent de mêmes expériences.

«Dans cet exemple, la responsabilité des jeunes formés est poussée jusqu’au stade ultime. Mais toutes les entreprises valaisannes qui ont des apprentis participent au succès de notre formation duale», explique Alexandre Rey, chef du Service de la formation professionnelle par intérim.

En Valais, 8500 jeunes suivent un apprentissage en entreprise. Des formations qui sont toujours plus encouragées par l’Etat. «Nous savons que les jeunes qui sont les plus proches de la réalité du terrain sont les plus faciles à intégrer au marché du travail. Avec la formation duale, l’employeur et l’employé sont gagnants.» sj